Saint-Émilion : les monuments qui valent le détour (et comment les vivre autrement)
- alombre-delatreill
- 12 avr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 6 jours
Culture & Patrimoine · Œnotourisme · Séjour près de Saint-Émilion
Saint-Émilion, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, attire chaque année des centaines de milliers de visiteurs. La plupart suivent le même itinéraire : place du Marché, église monolithe, une boutique de macarons, retour au parking. C'est dommage. Parce que ce village recèle des endroits que la foule ne trouve pas, des ruelles où le temps s'arrête, des monuments qui méritent qu'on s'y attarde vraiment.
Depuis notre chambre d'hôtes à Saint-Magne-de-Castillon, à dix minutes de Saint-Émilion, nous y allons régulièrement, et nous avons appris à aimer la ville autrement — loin des flux touristiques des rues principales. Voici ce que nous recommandons à nos hôtes.
L'église collégiale et son cloître : le monument que les touristes ratent
C'est peut-être notre endroit préféré à Saint-Émilion, et pourtant il est souvent boudé au profit de l'église monolithe. C'est à tort.
La première pierre de la collégiale est posée en 1110, à la demande de l'archevêque de Bordeaux. Classée monument historique, elle présente un style roman périgourdin caractéristique, et abrite à l'intérieur des traces de peintures murales, des vitraux et un orgue remarquables.
Mais c'est le cloître qui nous touche le plus. Lieu de prière clos, ouvert seulement vers le ciel, son jardin central est un symbole du jardin d'Éden. On peut y accéder par l'église ou par l'Office de Tourisme, et s'y retrouver presque seul alors que quelques dizaines de mètres plus loin, la place du Marché est bondée. Dans le cloître, une œuvre monumentale de l'artiste François Peltier représentant l'Apocalypse court sur 38,5 mètres de long pour 5 mètres de haut.
Prenez le temps de vous asseoir dans ce jardin. C'est l'un des rares endroits de Saint-Émilion où le silence existe encore.
Le cloître des Cordeliers : des bulles sous la pierre
Voilà un lieu qui réussit l'exploit de marier histoire médiévale et plaisir du vin de manière totalement naturelle.
Les moines franciscains — les Cordeliers, nommés ainsi en référence à la corde qui maintenait leur habit — s'installent définitivement à Saint-Émilion au XIVe siècle, après avoir subi de nombreuses attaques depuis leur emplacement extérieur aux murailles. Quatre siècles durant, jusqu'à la Révolution française, ils occupent ces lieux, qui comprennent alors une église, un cloître, un chai, une cave et un jardin.
Ce qui rend ce lieu unique : sous le cloître s'étendent trois kilomètres de galeries souterraines à vingt mètres de profondeur, où sont élaborés des vins effervescents selon la méthode traditionnelle. Cette tradition remonte à la fin du XIXe siècle, quand un certain M. Meynot eut l'idée de champagniser le vin de Saint-Émilion et alla étudier le processus de fabrication des vins mousseux en Champagne.
Notre conseil : optez pour la visite guidée des caves, puis installez-vous dans le jardin avec une coupe de crémant et un macaron de Saint-Émilion. C'est l'une des plus belles terrasses de la ville, et elle est souvent ignorée des visiteurs pressés.
Les ruelles et les lavoirs : Saint-Émilion sans la foule
Voici ce que nous disons systématiquement à nos hôtes : quittez les rues principales. La rue Guadet, la Grande Rue, la rue du Clocher sont certes pittoresques, mais elles concentrent l'essentiel du flux touristique. La vraie ville est ailleurs.
Perdez-vous. Prenez les ruelles qui descendent vers les remparts, longez les vieilles maisons en pierre calcaire, cherchez les impasses. Vous tomberez sur des façades couvertes de vigne vierge, sur des jardins que vous apercevez furtivement derrière des portails entrouverts, sur des panoramas sur le vignoble que personne ne photographie parce que personne ne passe par là.
Et cherchez les lavoirs. Saint-Émilion en possède plusieurs, nichés dans des recoins que seuls les promeneurs attentifs découvrent. Ces bassins en pierre, où les femmes du village venaient laver le linge, sont aujourd'hui des témoins silencieux d'une vie quotidienne que les monuments officiels ne racontent pas. On les trouve en s'éloignant du centre — c'est en les cherchant qu'on apprend à vraiment lire la ville.
L'église monolithe : incontournable, mais visitez-la tôt
Creusée entièrement dans la roche calcaire entre le VIIIe et le XIIe siècle, l'église monolithe de Saint-Émilion est unique en Europe par ses dimensions. Elle se visite uniquement en visite guidée depuis l'Office de Tourisme — comptez une heure. Les catacombes et l'ermitage creusé par saint Émilion lui-même font partie de la visite.
Notre conseil pratique : réservez la première visite du matin. Le reste de la journée, le site est pris d'assaut.
Comment organiser votre journée depuis notre chambre d'hôtes
Saint-Émilion se mérite quand on lui consacre une vraie journée. Voici ce que nous suggérons à nos hôtes qui partent de Saint-Magne-de-Castillon le matin :
Arrivée à Saint-Émilion dès l'ouverture pour la visite de l'église monolithe, pendant que le village est encore calme. Pause au cloître de la collégiale en milieu de matinée — c'est là que la lumière est la plus belle. Déjeuner au cloître des Cordeliers, dans le jardin ou sous les voûtes de l'église. L'après-midi, abandonnez la carte et flânez dans les ruelles en cherchant les lavoirs. Terminez par une dégustation dans l'un des nombreux châteaux de l'appellation qui ouvrent leurs portes aux visiteurs.
Le soir, retour à dix minutes en voiture. Saint-Émilion sans l'hôtel en centre-ville, c'est aussi ça : la liberté de ne pas se presser. Vous pouvez également, si vous êtes présent à la bonne période, profiter du spectacle de la Bataille de Castillon qui vaut vraiment le détour.
Vous préparez un séjour dans le vignoble bordelais ? À l'Ombre de la Treille vous accueille à Saint-Magne-de-Castillon, à dix minutes de Saint-Émilion. Consultez nos disponibilités directement sur notre site.


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