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Apiculteur à Saint-Émilion : le rythme des abeilles au cœur des vignobles de Bordeaux

  • alombre-delatreill
  • 5 juin
  • 5 min de lecture

Le matin, à À l'Ombre de la Treille, le petit-déjeuner se déguste à l'ombre… de la treille. Sur la table, à côté des viennoiseries, il y a un pot de miel doré, étiqueté « L'essaim et les hôtes ». C'est le mien. Et derrière ce pot, il y a une histoire : celle d'un apiculteur installé à 10 minutes de Saint-Émilion, qui veille toute l'année sur 44 ruches au cœur des vignobles de Bordeaux.



🌱 Tout a commencé… devant des framboisiers


Avant Saint-Magne-de-Castillon, il y avait le Nord de la France. Quand Nathalie et moi avons décidé de poser nos valises en Gironde, en 2016, il fallait imaginer une deuxième activité, en plus de la chambre d'hôtes. Je cherchais. Et un jour, en regardant les abeilles butiner les fleurs de mes framboisiers, le déclic est venu : pourquoi pas l'apiculture ?


Je me suis inscrit dans un rucher école, j'ai suivi une formation d'un an, et je me suis lancé. Depuis, mes journées sont rythmées par les saisons, le bourdonnement des butineuses et la générosité du terroir bordelais.



🌸 Printemps — la sortie d'hiver



Au début du printemps, j'ouvre les premières ruches. Qui a survécu ? Quelle est la population ? Quelles colonies vont devoir être renforcées ?


Mes ruches sont orientées vers l'est : entrée tournée vers le soleil levant pour que les abeilles soient réchauffées tôt et puissent partir butiner dès les premières heures du jour. À cette saison, autour de Saint-Émilion — où le paysage est dominé par la vigne — les abeilles trouvent leur nourriture dans les fleurs des bandes enherbées entre les rangs, les pissenlits, les premières floraisons sauvages (prunellier, aubépine), puis, plus tard, dans les acacias des bois alentour.


C'est un moment d'attention pure : la colonie sort tout juste de l'hivernage, elle est fragile, et chaque visite est une vérification minutieuse.



🐝 Été — surveillance et frelons asiatiques


Ruchette ouverte avec les abeilles et enfumoir

L'été, en Gironde, est devenu un défi à part entière pour les apiculteurs. La chaleur monte. Et surtout, le frelon asiatique pèse sur les ruchers : il chasse les abeilles à l'entrée, affaiblit les colonies, perturbe les sorties de butinage.


Je passe alors une fois par semaine en moyenne sur chacun de mes ruchers, principalement répartis sur Saint-Émilion — et plus souvent si une visite révèle qu'il faut intervenir. Le bien-être des abeilles passe avant tout. Je piège, je surveille, je renforce, je rééquilibre les hausses. C'est un travail qui demande de la patience — mais c'est aussi celui qui me met en lien direct avec le paysage qui fait la réputation des vignobles de Bordeaux.



🍯 Septembre — la récolte tardive



🎥 Le tournis lent de l'extracteur, les cadres qui se vident, le miel qui coule. Quelques secondes pour comprendre la magie de cette étape.


Beaucoup d'apiculteurs récoltent dès la fin juin. Moi, je récolte tard, en septembre. Pourquoi ? Parce qu'en Gironde, avec les conditions parfois difficiles (températures extrêmes, pression du frelon, sécheresses estivales), je préfère laisser les hausses sur les ruches le plus longtemps possible. Les abeilles ont besoin de leurs réserves pour traverser ces périodes, et la nature a besoin de temps pour donner ce qu'elle a de meilleur.


Résultat : je produis principalement un miel toutes fleurs très floral, riche, complexe, avec les notes accumulées de tout un été. Une signature qui raconte le terroir bordelais dans toute sa diversité.


Selon les années et les floraisons, je propose aussi un miel de printemps ou un miel d'acacia plus délicats — mais ma signature reste bien le toutes fleurs récolté tard.



🍇 Le lien avec les vignobles : la prestation HVE


Quatres ruches, en pleine nature au crépuscule

C'est sans doute la partie la moins connue de mon métier — et pourtant l'une des plus passionnantes : je suis prestataire pour des châteaux de Saint-Émilion engagés dans la certification HVE (Haute Valeur Environnementale).


La certification HVE niveau 3, la plus exigeante, repose sur quatre piliers, dont la biodiversité. Accueillir des ruches sur le vignoble compte dans le score, et symbolise un engagement concret pour la pollinisation et la richesse écologique du terroir. C'est ainsi que je veille sur des colonies installées dans plusieurs domaines saint-émilionnais — parmi lesquels le Château Angélus, l'un des grands noms historiques de Saint-Émilion (sorti du classement en 2022 pour préserver sa liberté), et le Château de Pressac, Grand Cru Classé.


Mon rôle : assurer le bien-être des colonies tout au long de l'année et mettre en pot leur miel, étiqueté au nom du château. Une boucle vertueuse entre apiculture et œnotourisme, dans laquelle les abeilles deviennent une partenaire silencieuse du vigneron.



❄️ Hiver — la pause


Trois ruches colorées bleu, rose et orange dans un sous-bois ensoleillé, posées sur pied, sans personnes.

L'hiver, les abeilles se mettent en grappe au cœur de la ruche, serrées les unes contre les autres. Au centre de la grappe, en cœur d'hiver et sans couvain, la température se maintient entre 20 et 25 °C — et elle remonte vers 35 °C dès que la reine reprend sa ponte, à la fin de l'hiver. Mon travail à moi se fait discret : quelques contrôles légers, pesée des ruches, vérification de l'absence de prédateurs. C'est aussi le moment où je nettoie le matériel, je commande les cires de l'année à venir et je prépare le printemps.


Et c'est un moment où, dans la chambre d'hôtes, on partage volontiers un thé près du poêle avec les voyageurs venus profiter de la saison calme de Saint-Émilion.



🍞 De la ruche à la table — et parfois jusque dans vos bagages


Table de petit-déjeuner avec bouteille de jus d’orange, pots de miel de printemps et d’acacia, et portions de Nutella.

Le matin, donc, le pot de miel « L'essaim et les hôtes » est sur la table du petit-déjeuner. Je ne fais pas de discours commercial : on en parle au détour d'une conversation, et de temps en temps, un ou deux pots repartent dans la valise des voyageurs. C'est, finalement, la plus belle des transmissions : un peu du terroir bordelais qui voyage avec eux.



🌅 Venez goûter, et comprendre


À À l'Ombre de la Treille, à Saint-Magne-de-Castillon (Castillon Côtes de Bordeaux), à 10 minutes de Saint-Émilion, Nathalie et Ludovic vous accueillent dans quatre chambres au calme, au milieu des vignes. Petit-déjeuner fait maison, miel de la maison sur la table, et toute la passion qu'on met dans ce qu'on fait.


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Sources & liens utiles




Article rédigé en mai 2026 — Nathalie & Ludovic, À l'Ombre de la Treille, Saint-Magne-de-Castillon (Gironde) — alombredelatreille.fr — « L'essaim et les hôtes ».


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